
Par: Zin Chai
Il y a des défaites qui relèvent du sport et puis il y a celles qui interrogent profondément l’équité du jeu.
La finale entre le Maroc et le Sénégal appartient à cette seconde catégorie, tant le scénario a été façonné par une pression collective et une mise en scène assumée, bien plus que par le football lui-même.
Quand la règle s’efface devant la pression
Lorsque l’arbitre accorde un penalty en faveur du Maroc, confirmé par la VAR, la règle est claire: la décision s’impose. Le jeu aurait dû reprendre. Mais au lieu de cela, le sélectionneur sénégalais fait sortir ses joueurs du terrain.
Près de quinze minutes d’arrêt. Quinze minutes de tension, de vacarme et de pression psychologique qui transforment un geste sportif en épreuve mentale.
Dans ce climat délétère, Brahim Diaz est désigné pour tirer le penalty. Le poids est immense. Le rythme est brisé, la concentration altérée, l’instant dénaturé.
Diaz rate. Non pas par manque de talent, mais parce qu’aucun penalty ne devrait être tiré dans de telles conditions.
À ce moment-là, le football s’était déjà effacé.
Une mise en scène qui masque l’anti-jeu
La mise en scène se poursuit avec le retour des joueurs sénégalais, orchestré par Sadio Mané, présenté comme le leader apaisant. L’image est forte, presque héroïque, mais elle masque mal une réalité plus dérangeante : l’anti-jeu a parfaitement fonctionné.
Trente minutes de combat à dix
La suite de la rencontre n’en sera que plus cruelle. Une prolongation de trente minutes s’engage, durant laquelle le Maroc est contraint de jouer à dix suite à une blessure, sans possibilité de remplacement.
Trente minutes de combat, de courage et de résistance, dans une finale déjà lourdement marquée par l’injustice ressentie.
Le règlement ignoré, la colère des supporters
Le règlement de la FIFA dit que s’ils sont moins de huit joueurs c’est forfait pour l’autre équipe. La logique aurait été forfait pour le Maroc. Mais les Marocains n’ont pas souhaité clôturer la plus belle CAN de l’histoire ainsi. Les supporters sont outrés.
Geste totalement incompréhensible de la part d’un peuple frère, scandent les supporters marocain.
Et pourtant, malgré tout, les Lions de l’Atlas restent dignes. Pas de débordements, pas de contestation excessive, pas de théâtre en retour. Le Maroc choisit le respect quand d’autres choisissent la pression. Cette attitude honore le maillot et dépasse le simple résultat.
Le football africain mérite mieux
Certains parleront de ruse, d’expérience ou de « gestion ». Mais il faut avoir le courage de le dire : ce n’est pas ainsi que le football grandit.
Le football africain mérite mieux que des finales gagnées à coups d’interruptions calculées et de mises en scène collectives.
Infantino, le président de la FIFA a également appelé la CAF à prendre « les mesures appropriées » à l’encontre de la sélection sénégalaise, soulignant que de tels comportements portent atteinte à l’essence même du football.
Sadio Mané a déclaré: « Il valait mieux perdre que de gagner de cette manière. Le football africain le mérite mieux. »
Une CAN historique aussi par son organisation
Pour autant, le Maroc peut être fier. Fier de son parcours, fier de ses joueurs, fier de son public. Fier surtout d’avoir marqué cette 35ᵉ édition de la CAN, largement jugée comme la meilleure de l’histoire du football africain, par son niveau de jeu, son organisation et son intensité.
Revenons à l’organisation de cette CAN, témoignages de Haitam à mobilité réduite en chaise roulante:
« Après le match étant seul, la police m’a aidé et accompagné en vehicle adapter jusqu’à la gare. Un grand geste, je les remercie du fond du cœur »
Ce qui reste, au-delà du score
Le Sénégal repart avec un trophée.
Le Maroc repart avec quelque chose de plus durable: le respect, la dignité et la fierté d’avoir porté haut les valeurs du football.
Et parfois, dans la défaite, c’est cela qui compte le plus.

